Les laines minérales et la démarche HQE

Après 20 ans de dynamisation d’une nouvelle façon de penser le bâtiment, les 14 cibles de la démarche HQE sont remplacées par un nouveau cadre de référence du « bâtiment durable ».

Le cadre de référence du bâtiment durable

 

Ce nouveau cadre de référence élargit le champ de l’action de tous les acteurs du bâtiment et de l’immobilier aux piliers du développement durable mais garde son atout maitre, le management de l’opération.

Il s’agit donc toujours de structurer l’engagement de l’ensemble de l’équipe du projet pour obtenir un bâtiment dans lequel il fait bon vivre, respectueux de l’environnement et étant performant sur le plan économique au sens large. Il s’applique à tous les types de bâtiments neufs, en rénovation ou en exploitation.

 

Pour mémoire, l’Alliance HQE-GBC définit le bâtiment durable comme étant suit : « En interaction avec son territoire, un bâtiment durable est un ouvrage qui offre une bonne qualité de vie, respecte l’environnement et apporte performance énergétique et économique. Il est conçu, géré et utilisé de façon responsable tout au long de son cycle de vie. »

 

Constitué de principes, d’engagements et d’objectifs, il propose une vision structurante pour les années à venir car si certaines thématiques sont bien connues, d’autres demandent encore des travaux collaboratifs afin d’approcher aux mieux les enjeux qu’elles recouvrent.  

 

Il pose des repères partagés, compréhensibles par tous. Il essaie au maximum de fixer des performances à atteindre tout en conservant, quand cela est nécessaire, une approche qualitative. Il s’appuie sur les normes européennes et internationales pertinentes et sur les pratiques innovantes des acteurs engagés depuis plus de 20 ans dans la démarche HQE.

 

Source : Alliance HQE-GBC

 

Il est pleinement compatible avec la dynamique Energie positive & Réduction carbone préparant la future réglementation environnementale de la construction neuve. En effet, dans un souci de simplification pour les acteurs, les référentiels HQE sont calés sur E+C- pour les thèmes énergie et carbone, 2 des 12 objectifs du cadre de référence.

 

L'expérimentation "HQE Performance" a d'ailleurs largement inspiré E+C- en étant l'origine de l'évaluation de l'impact environnemental des bâtiments par une analyse de cycle de vie. Plus de 130 "vrais" bâtiments ont en effet été modélisés par des acteurs volontaires en 2 vagues. Cette expérimentation avait permis de mettre en évidence 2 points cruciaux pour se faire, la disponibilité des métrés des bâtiments et des données environnementales des produits et équipements de la construction mais également des services au bâtiment (énergies, eau, déchets).

 

Cela a contribué à inciter les fabricants de produits et d'équipements à poursuivre leurs efforts de production de FDES et de PEP, et de les mettre à disposition dans la base INIES.

 

Les produits de construction ont toujours fait l’objet de beaucoup d’attention dans la démarche HQE, notamment dans la cible 2. Mais il ne faut pas oublier qu’ils contribuent à l’obtention de bons niveaux de performances pour le bâtiment sur un nombre important de thématiques. Les laines minérales, en particulier, apportent leurs performances pour l’efficacité énergétique du bâtiment, son confort hygrothermique, son confort acoustique, la protection contre l’incendie, la qualité de l’air… et le faible impact environnemental du bâtiment.  

 

Le FILMM apporte sa contribution

 

Le FILMM apporte sa contribution en publiant une brochure pédagogique « Qualité Environnementale des Bâtiments, en route vers les indicateurs de performance ».

 

L’étude menée sur deux maisons a montré que si le calcul des indicateurs est un nouvel exercice auquel il faut se familiariser, il est très enrichissant.

 

Pour les deux maisons choisies une de plain-pied, l’autre avec combles destinées à loger 4 personnes, deux niveaux de performance thermique ont été testés (respect de la réglementation thermique RT 2005 et label BBC-Effinergie) dans deux régions différentes (zone climatique la plus froide et zone méditerranéenne). Cela fait donc 8 cas de figures.

 

Seuls les produits isolants ont été modifiés conformément aux résultats de l’étude thermique.

Les scénarios de la vie de la famille, habitant ces maisons, ont été sélectionnés à partir de données publiques. Pour les produits de construction, ce sont les FDES disponibles dans la base INIES qui ont été utilisées.

 

Cette étude permet de poser les questions essentielles pour la conception des bâtiments. En effet, pour chaque indicateur calculé, on peut constater la part relative des produits de construction dont les isolants, des consommations du bâtiment et de la vie de la famille.  

 

Elle analyse de façon détaillée l’isolation en la séparant des autres produits de construction. On constate clairement que le niveau d’isolation, en passant d’une performance énergétique « RT 2005 » à un niveau « BBC », a un impact direct sur certains indicateurs : 

  • La consommation d’énergie primaire totale : on observe une diminution de cette consommation d’énergie sur le cycle de vie du bâtiment entre 26% et 34% selon les cas étudiés.
  • Le changement climatique diminue de 30% à 38%, selon le type de construction.
  • En revanche, le niveau d’isolation n’influe que peu ou pas sur les indicateurs « consommation d’eau totale » et « production totale de déchets éliminés », qu’on ne traite pas par la mise en place d’un isolant.

 

Le rôle de l’isolation - un investissement très rentable :

Quand on étudie en détail, l’indicateur « énergie primaire totale », on peut noter que le passage d’un niveau énergétique réglementaire (RT 2005) à celui d’un niveau « BBC » voit la part de l’impact des  isolants plus que doubler (+121 % en zone H1a maison Mozart) alors que l’indicateur de la maison diminue fortement. Mais l’énergie « consommée » par cette isolation supplémentaire pour atteindre le niveau BBC, ne représente que 54520 MJ alors qu’elle permet d’économiser 2 108 013 MJ sur la maison, soit seulement 2,6 % de l’économie. On investit donc 2,6 qui rapportent 100 !

 

Une conclusion s’impose : les laines minérales sont au service de la performance énergétique et environnementale des bâtiments, sans oublier la performance acoustique et la protection contre les incendies.

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